Travailler pour une start-up : la fin du rêve ?

Elles font la une de l’actualité économique, cartonnent sur les réseaux sociaux et sont prisées des jeunes professionnels. Ce sont les start-up bien sûr ! Ces entreprises sont connues pour leurs projets innovants et leur ambiance de travail conviviale. Mais les start-up ont récemment montré une facette moins flatteuse de leur univers. Travailler pour une start-up, serait-ce bientôt la fin du rêve ?

Des jeunes pousses fortement médiatisées

Des “levées de fonds” aux “licornes” en passant par les “business angels”, le vocabulaire start-up est présent partout dans les médias. Pour certains, il fait même partie de l’usage quotidien.

Dans l’ensemble, l’écosystème FrenchTech fait rêver. On pense immédiatement à BlaBlaCar, Back Market, Lydia ou encore, Doctolib. Elles inspirent le succès, l’innovation et la modernité. La France compte environ 1 million de start-up. Elles emploient plus de 1,5 million de personnes et ne proposent quasiment que des CDI. Et pourtant, elles échouent dans 90 % des cas.

 

Attentes des professionnels : des grands groupes aux start-up

Au début des années 2 000, la stabilité et l’envergure des grands groupes étaient prisées des jeunes diplômés. Aujourd’hui, c’est l’ambiance start-up fait rêver. 

Qu’est-ce qui explique ce changement ?

La raison principale, c’est le management. L’autorité hiérarchique et le contrôle étroit des salariés n’ont pas sa place dans l’espace de travail de la nouvelle génération. Cette dernière est à la recherche d’un environnement collaboratif, propice à la création et à l’innovation.

L’organisation du travail en start-up laisse place à plus de souplesse. C’est ce qui est recherché par les jeunes professionnels qui souhaitent apporter leur contribution au développement d’une jeune pousse.

Voici quelques chiffres intéressants sur les attentes de la Génération Z au travail

  • 73 % souhaiteraient pouvoir organiser leurs horaires de travail.
  • 59 % voudraient avoir la possibilité de télétravailler autant qu’ils le souhaitent.
  • 58 % voudraient avoir des congés illimités.
  • 1 personne sur 3 réclame la reconnaissance du droit à l’échec.

En théorie, le modèle start-up devrait pouvoir répondre aux attentes des jeunes professionnels.

Mais s’investir dans une start-up où l’avenir est imprévisible représente également l’opportunité d’avoir une certaine flexibilité de carrière, contrairement aux grands groupes, où les missions et parcours sont presque définis à l’avance.

On ajoute à cela l’intérêt grandissant pour l’entrepreneuriat. 1 jeune sur 4 souhaite devenir son propre patron. Travailler en start-up est une manière de découvrir cet univers.

 

Un envers du décor pas toujours rose

Trop souvent, les médias ne mettent en lumière que la facette positive des start-up. Pourtant, la réalité est parfois décevante.

Certains fondateurs et managers sont à l’origine de dérives. Harcèlement moral ou sexuel, violence verbale, heures de travail à rallonge, inadéquation des missions et tâches, management toxique ou encore, précarité, la liste est longue.

Mais à l’ère des réseaux sociaux et de l’information en continu, les professionnels lèvent les tabous et prennent la parole. 

À l’instar de #BalanceTonPorc ou #BalanceTonAgence, les professionnels désabusés veulent faire entendre leur voix. Sur le compte Instagram Balance Ta Startup, les témoignages se multiplient pour dévoiler une réalité peu connue d’une partie de la FrenchTech.

L’objectif : dénoncer les abus des entreprises de l’écosystème start-up (même si le compte partage également des expériences positives).

 

Source : Balance ta start-up sur Instagram

 

Balance ta start-up a brisé le mythe de la start-up nation, importé d’Outre-Atlantique, qui offrait une image attrayante du travail du XXIe siècle. Au programme : des tables de ping-pong, des projets plus intéressants les uns que les autres, un management horizontal et des patrons en jean et baskets.

 

La réalité du travail en start-up Mathilde Ramadier l’a également dénoncé dans son livre « Bienvenue dans le nouveau monde ». 

Elle explique “J’ai voulu libérer la parole de ceux que l’on n’entend jamais : ces petites mains dont l’histoire est plutôt celle d’un échec, dans cette grande histoire de succès que les start-up mettent en scène.

Une réalité du travail en start-up qui a causé une grande désillusion pour beaucoup de professionnels.

 

De la remise en cause aux solutions

Ces prises de parole au sujet des problématiques de travail en start-up ont initié une prise de conscience auprès de certains dirigeants.

Pour les jeunes professionnels, l’attractivité des start-up est remise en question. Seuls 24 % des candidats souhaitent commencer leur carrière dans une start-up (en baisse de 5 points par rapport à 2019).

Les jeunes générations ont une idée très claire de ce qu’ils attendent du monde du travail. La modernité et la décontraction apparentes des start-up ne suffiront pas à les faire rester. 

Ainsi, les jeunes pousses commencent à comprendre l’importance de l’expérience collaborateur. Face à la guerre des talents et à la difficulté de fidélisation des salariés, elles n’ont plus le luxe de penser que les salariés sont interchangeables et que toutes les pratiques de travail et de management sont acceptables.

Dans certains secteurs ce sont les candidats qui ont les cartes en main.

 

Alors, pour booster leur attractivité auprès des candidats et gagner leur confiance, les start-up doivent se remettre en question et repenser leur manière de gérer les talents.

Parmi les pratiques que l’on voit émerger, on retrouve la présence de coachs. À mi-chemin entre le manager et le collègue, le coach s’assure que le salarié suivi est dans de bonnes conditions pour réussir ses missions et obtient des feedbacks réguliers et pertinents pour son activité.

L’autre facteur important, c’est l’écoute des salariés. Car les start-up ont beau avoir les plus belles intentions du monde, si elles ne consultent pas leurs salariés, elles risquent de tomber à l’eau.

Des échanges entre salariés et managers et/ou RH sont importants pour prendre le pouls de l’expérience collaborateur à l’instant T. Et pour obtenir des informations encore plus pertinentes, questionnaires anonymes et boites de suggestion sont des outils intéressants. Les salariés peuvent alors s’exprimer librement, sans crainte du jugement.

 

Stéphanie Laporte, spécialiste en e-réputation affirme « On constate chez les start-up que la communication interne est souvent négligée. La définition de ce statut est d’être à la recherche d’un business model. Malheureusement la variable d’ajustement, c’est l’humain, que l’on néglige au profit de la croissance« .

 

Se remettre en question est essentiel, mais mettre en place des actions d’amélioration l’est tout autant.

Pour les start-up qui ne sauraient pas par où commencer, des cabinets d’audits et de conseils existent pour les aider à définir la bonne direction à suivre. 

C’est le cas de Great Place to Work. L’entreprise propose des outils d’évaluation innovants : le Trust Index© qui est un questionnaire adressé aux collaborateurs et Le Culture Audit© qui est un dossier complété par l’entreprise.

L’objectif : apporter un vrai éclairage pour les entreprises qui souhaitent améliorer leur culture d’entreprise et par conséquent, leur image de marque employeur.

 

Là est tout l’enjeu. La marque employeur n’est pas uniquement une façon de communiquer, c’est avant tout des actions concrètes qui donnent des résultats positifs et satisfaisants pour les salariés.


 

Pour conclure, si certaines start-up commencent à prendre conscience des dérives liées à leur organisation, le chemin est encore long pour offrir un cadre de travail sain et stimulant pour les salariés.

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